
Cette lutte s'organise de manière différente pour les deux espèces principales suivies par le Parc : l'écrevisse rouge de Louisiane et la jussie. Entre étude pour revoir la gestion de l'ERL et chantier d'arrachage, le Parc travaille en proximité avec la Direction Départementale des Territoires sur divers fronts. A suivre un point sur les moyens de lutte mis en place.
Ecrevisse rouge de Louisiane (ERL) : nécessité d’une lutte multi-partenariale
Sur le territoire, plus de 800 nasses, prêtées par le Parc, ont été mises à disposition des propriétaires d’étangs pour capturer les écrevisses rouges de Louisiane, une espèce exotique envahissante avec un fort pouvoir colonisateur et destructeur et présente sur le territoire depuis 2007. La pression de piégeage ne semble pas suffisante pour contrôler le développement de l’espèce. Afin de renforcer les dispositifs en place, la DDT de l’Indre a pris en mai 2024 un arrêté d’expérimentation d’une durée de 2 ans de lutte contre l’ERL via la valorisation de l’espèce par transformation.
Dans ce contexte, le Parc et la DDT de l’Indre ont commandité une étude sur la gestion de l’ERL en Brenne auprès d’un groupe d’étudiants d’analyse de l’action publique de l’école AgroParisTech.
L’étude s’est déroulée de septembre 2025 à février 2026 en plusieurs phases :
- un état de l’art de la bibliographie pour répertorier les moyens de lutte existants en France et à l’étranger
- une rétrospective des moyens humains, techniques et financiers dédiés à la lutte active sur le territoire
- des entretiens avec des acteurs locaux liés à la pisciculture ou encore des institutionnels, des naturalistes, des scientifiques et des propriétaires d’étangs.
Il ressort de ce travail un consensus sur la nécessité de poursuivre la lutte mais aussi une vision dichotomique de l’espèce : l’ERL est jugée néfaste pour son environnement tout en étant néanmoins une ressource comestible. Ainsi, certains expriment la volonté de poursuivre l’expérimentation de commercialisation sur une durée plus longue, tandis que d’autres restent circonspects sur son intérêt.
Une restitution de l’étude a eu lieu le 16 juillet, à la Brenne Box de Mézières-en-Brenne, réunion à laquelle les 45 personnes sollicitées par les étudiants ont été invitées. Les 30 participants ont pu échanger sur leur perception de la lutte et les moyens pouvant être mis en œuvre sur le territoire. Au-delà des divergences, un consensus existe sur le fait qu’une lutte efficace ne peut donc être obtenue qu’en conjuguant les efforts par tous les acteurs impactés : propriétaires d’étangs, pisciculteurs, gestionnaires, etc. Reste, pour le territoire, l’importance de réactiver un plan de lutte concerté.
Jussie : maintenir une pression suffisante
La jussie est une espèce végétale exotique envahissante au fort pouvoir de colonisation. Depuis 2017 et le 1e contrat territorial zones humides (CTZH), les agents techniques du Parc travaillent à contenir son expansion dans les étangs : on constate empiriquement les effets bénéfiques d’un arrachage annuel des massifs et repousses.
Cette année encore, le Parc organise une quarantaine de chantiers d’arrachage manuel de la plante, sur des étangs abritant des plantes remarquables. Jusqu’à présent, le nouveau programme de lutte contre la jussie, lancé en 2023, a permis de restaurer 48 étangs (dont 44 chez des particuliers et 4 en réserves naturelles) ce qui représente plus de 380 m3 de jussie… De nombreuses heures de travail et de minutie pour éviter la reprise de la plante !
Ces deux projets bénéficient de financement dans le cadre du fonds vert, programme mis en place par l’État dans une volonté de lutter contre la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité.
Contact Parc : Aurore Coignet, chargée de mission EEE, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Simon Raverdy, coordinateur Brigade technique, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.




















