Le bâti

Notre patrimoine bâti est impacté par le changement climatique et le sera dans les années à venir.
Trois risques majeurs sont identifiés : le retrait-gonflement des argiles, les évènements climatiques extrêmes et la question du confort thermique d'été.

 

Le retrait-gonflement des argiles : des habitats dégradés

Les terrains argileux superficiels peuvent voir leur volume varier à la suite d’une modification de leur teneur en eau. Ils se « rétractent » lors des périodes de sécheresse (on parle de 2022 03 Plan de prévention argile gonflement« retrait ») et gonflent au retour des pluies lorsqu’ils sont de nouveau hydratés (phénomène de « gonflement »).

Ces variations sont lentes, mais elles peuvent atteindre une amplitude assez importante pour endommager les bâtiments localisés sur ces terrains. Le phénomène de retrait-gonflement des argiles engendre chaque année des dégâts considérables, indemnisables au titre des catastrophes naturelles. En France, le coût des dommages directement liés au phénomène de retrait-gonflement des argiles a été évalué à 365 millions d'euros par an en moyenne (en 2003, année caniculaire, le coût s’est élevé à 2 milliards d'euros).
La grande majorité des sinistres concerne les maisons individuelles, leurs fondations étant moins profondes que celles des immeubles, et la plupart d’entre elles ayant été construites sans études géotechniques du sol préalable.


Pour lutter contre ce phénomène, la loi Élan (2018) a institué la réalisation d’une étude géotechnique préalable à la vente de terrains ou à la réalisation de travaux, dans les zones concernées. Il s’agit de limiter l’apparition des malfaçons touchant les maisons situées dans les zones argileuses. Depuis le 1er janvier 2020, tout vendeur d’un terrain constructible situé dans une zone exposée au risque de retrait/gonflement d’argile devra fournir une étude de sol, dans le but de prévenir l’acheteur sur l’existence de risques de dégradation et de fissures dans le logement.

 

 

Les évènements climatiques extrêmes2022 03 Plan de prévention des risques naturels

Les évènements extrêmes, plus fréquents, causeront des dégâts importants en particulier sur les toitures (tempêtes et coups de vent) mais aussi sur l'habitation dans son ensemble (inondations intenses) et les infrastructures.
 
Les bassins et fontaines seront plus difficilement mis en eau en raison de la diminution des débits des cours d’eau. Enfin, les sécheresses génèreront des variations du niveau des eaux qui peuvent déstabiliser les mortiers et fondations des villages situés en bord de cours d'eau et de rivières ainsi que des moulins.

 

Le confort climatique d'été

Avec les hausses de températures attendues, la question principale des années à venir sera le maintien de zones de fraicheur, en ville mais aussi dans les villages et dans nos habitats individuels.

L'installation de climatisations, qui consomment de l'énergie et utilisent des fluides frigorigènes, gaz au fort pouvoir réchauffant, ne peut pas être l'unique solution.

Le Parc naturel régional de la Brenne conduit depuis une quinzaine d'années des travaux innovants sur la réhabilitation du bâti ancien, avec l'aide de matériaux biosourcés. En effet, le bâti ancien est plus résilient que l’habitat récent. Nous en avons tous fait l'expérience : en été, les vieilles maisons conservent mieux la fraîcheur.
Compte tenu du taux de vacance de l'habitat ancien sur le territoire et des nombreux dispositifs d’aides à la réhabilitation, des opportunités de rénovation d’habitats plus résilients sont à encourager. La Maison de la Rénovation (Maison de la rénovation) a été mise en place pour accompagner les porteurs de projets gratuitement.
Le Parc travaille également sur les filières locales de matériaux biosourcés : chanvre, paille, roseau... mais aussi terre crue afin de créer de l'emploi non délocalisable, de stocker du carbone dans nos habitations et de rendre le territoire plus résilient.

Pour les municipalités et les acteurs publics, l'enjeu consiste à cesser de créer des îlots de chaleur. Dans les entreprises, les cours d'école, les places de village, devant les commerces, sur les zones de stationnement : les enrobés sont à éviter et la végétalisation de tout nouvel aménagement est indispensable (toiture végétalisée, plantes grimpantes, arbres de haut jet, pergola, ombrières...)
Ces nouveaux réflexes permettront en outre de lutter contre l’imperméabilisation des sols afin de prendre soin de la ressource en eau, dans un contexte de raréfaction et d'évènements extrêmes (pluies intenses).

 

 La question de l'identité paysagère locale

Nous le constatons : avec le changement climatique, de nouvelles formes, de nouveaux éléments paysagers voient le jour : piscines, pergolas, logias… Un nouveau paysage se dessine, avec des caractéristiques « du sud de la France ». Comment prendre soin de nos paysages, de notre identité patrimoniale locale, tout en adaptant nos milieux de vie à ces nouvelles conditions climatiques ?
Pour le territoire du Parc, destination "nature et patrimoine", c'est l'un des défis des années à venir.