Une diversité de paysages remarquable

Queue de Brenne Grande Brenne Pays d'Azay Pays Blancois Petite Brenne Boischaut Sud Vallée de l'Anglin Vallée de la Creuse Pays d'Azay Grande Brenne Queue de Brenne Pays Blancois Petite Brenne Boischaut Sud Vallée de l'Anglin Vallée de la Creuse

La grande variété géologique du territoire est à l’origine de modes de faire valoir du sol diversifiés qui créent 6 grandes entités paysagères bien différentes, même si lorsqu’on analyse plus finement les paysages on distingue de nombreuses sous-entités et des paysages de transition.

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Grande-Brenne-tnLa Grande Brenne ou Brenne des étangs est constituée d’une mosaïque de paysages où s’interpénètrent l’eau, les bois, les landes et les prairies parfois dominées par des buttons.

Ceux-ci résultent de l’érosion des grès : les plus tendres se sont dégradés et ont produit les sables que l’on trouve en surface sur l’argile, les plus résistants ont formé les buttons. Les sols pauvres argilo-gréseux, difficiles à exploiter car trop humides en hiver et desséchés en été, expliquent la création des étangs (tous artificiels) et l’importance de l’élevage sur des terres peu propices à la culture.
La diversité des milieux est à l’origine de la grande richesse écologique de la Brenne.

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Au XIXème siècle, la Brenne, pauvre, isolée, peu peuplée était mal considérée, comme le montre ce texte de George Sand, mais son caractère paysager « sauvage » est déjà reconnu :
« En somme, ce département (l’Indre) est sillonné par deux admirables vallées, celle de l'Indre, qui lui donne son nom, et celle de la Creuse, avec les ravins pittoresques de ses affluents torrentueux. Mais, entre ces deux régions profondes, fraîches et riches, s'étend un plateau uni, triste, malsain et pauvre : c'est la Brenne.
Si vous regardez la Brenne figurée sur les vieilles cartes enluminées de Cassini, la physionomie d'une contrée si sauvage vous serrera le cœur; HVI_Brenne-tnpas de chemins, pas de, villages, des espaces immenses sans un clocher, sans une ferme, sans un bosquet. Partout des étangs semés à l’infini dans la bruyère. Les nouvelles cartes départementales ne la montrent guère plus florissante.
Cependant la Brenne n'est ni aussi laide, ni aussi morte qu'elle le parait dans ses portraits.
Pour les yeux du peintre ou du romancier, cette rase terre, inondée en mille endroits, cette folle végétation d'herbes inutiles, qui s'engraissent dans le limon, ne manque pas de caractère, Il y a même une certaine poésie de désolation dans ces plaines de roseaux desséchés par la canicule.

On se croirait loin, bien loin de la France, dans quelque désert où l'homme n'aurait point encore pénétré. Si l'on peut trouver un tertre, un donjon, le château du Bouchet, par exemple, et que la vue parvienne à planer, sur une grande étendue de terrain, cela est aussi beau, dans son genre, que nos tableaux chéris de l'Indre, de la Creuze ou de la Bouzanne. » George Sand : Le cercle hippique de Mézières-en-Brenne par un habitant de la vallée noire à la suite d’Isidora.

 

paysage-grande-brenne-tnLa Grande Brenne a été marquée par l’enfrichement dans les années 1980 et 1990, en raison de la déprise agricole, du recul de l’élevage extensif et du développement de loisirs comme la chasse. Ce phénomène s’est atténué depuis une dizaine d’années. Par ailleurs, la recherche de l’augmentation de la productivité des étangs a entraîné une régression de la végétation aquatique. Ces mutations lisibles dans les paysages créent de fortes pressions sur l’équilibre écologique des milieux perturbé également par le développement d’espèces exotiques envahissantes (la Jussie et l’Ecrevisse de Louisiane).
En périphérie de la Grande Brenne, au contraire, l’élevage s’est plutôt intensifié. Certains secteurs sont même concernés par le développement des cultures, lorsque les sols le permettent.

La Queue de Brenne Queue-de-Brenne2-tncomporte moins d'étangs que la Grande Brenne mais présente les mêmes caractéristiques pédologiques. Cette zone est boisée au Nord et les cultures sont en augmentation au sud.

 

 

La Petite Brenne

Petite-Brenne-tnSituée au sud de la Creuse, elle abrite également des étangs, mais ils sont moins nombreux qu’en grande Brenne et le plateau est recouvert d’un important manteau forestier. Le relief est intermédiaire entre les collines du Boischaut au sud-est, contrefort du Massif central, et le plateau blancois au nord-ouest. On observe une certaine progression des massifs forestiers et des boisements en périphérie d’étangs.


Le Pays d’Azay et le Pays Blancois

Pays_Azay-tnLe Pays d'Azay est une zone de cultures rattachée à la région agricole du Boischaut nord. La forêt de Preuilly et la vallée de la Claise sont les deux éléments paysagers principaux de cette entité. La vallée du Narçay crée une limite paysagère forte entre la Brenne encore bocagère et boisée et les zones de grandes cultures où les systèmes de haies ont disparu.  

 

Pays-blancois-tnLe Pays Blancois, fortement marqué par la présence de vallées entaillées dans le calcaire, marque la frontière entre le Berry et le Poitou. Les paysages y sont très variés avec des plateaux agricoles et des vallées alternant paysages jardinés, fonds prairiaux, falaises rocheuses et versants boisés marqués.
Le Pays Blancois et le pays d’Azay ont été touchés très tôt par les remembrements et les mutations paysagères dues aux évolutions de l’agriculture (deuxième moitié des années 1960, début des années 1970).
Peu à peu les paysages se simplifient. L’exploitation intensive des terres riches a pour corollaires l’élargissement du parcellaire, la quasi-disparition des haies et la mise en culture des fonds de vallées.

Les paysages de bocages du Boischaut sud sont fortement cloisonnés par une maille bocagère encore dense, notamment dans les secteurs escarpés ; le relief collinaire est assez marqué notamment au sud-est ; le réseau hydrographique est encaissé, constitué de cours d'eau (Anglin et affluents) et de quelques étangs ; on y trouve trois sous-entités, le bocage du Boischaut-sud (bocage dense) au sud-est, le bocage remembré des Terres Froides du Poitou (bocage ouvert) à l’ouest et le bocage de transition en cours d’ouverture au nord, ces trois grandes familles étant traversées par un système de vallées et de vallons.

bocage-tn L’activité principale reste l'élevage ovin, caprin et bovin extensif.
Le bocage englobe une diversité d’habitats naturels remarquables, dont quelques pelouses sèches, landes (sèche, humides et intermédiaires) et fourrés, et de nombreuses mares. Les haies et bosquets jouent un rôle primordial pour la diversité et les effectifs de nombreuses espèces. Une haie complète, avec son talus et son fossé abrite une avifaune abondante et diversifiée. Leur richesse floristique est bonne, avec près de huit espèces d’arbres et arbustes en moyenne par haie.

Le chêne pédonculé, le chêne sessile et parfois le châtaignier, sont les arbres les plus communs. Pour les arbustes, ce sont le prunellier et les aubépines. Dans les bas-fonds, on trouve plutôt l'aulne glutineux, le frêne commun et le saule roux. L’orme champêtre, qui était l’arbre emblématique de la haie a beaucoup régressé en raison de la graphiose de l’orme. bocage-du-sud_Prissac-tnSur les secteurs les plus propices à l’agriculture (plateaux fertiles essentiellement), la régression des haies est critique. La maille bocagère s'est considérablement élargie au cours des cinquante dernières années et on note un problème de renouvellement des arbres dans les haies. Il s’agit majoritairement d’arbres traités de manière traditionnelle (têtards et arbres d’émonde). Les réseaux de haies sont globalement de moins en moins connectés entre eux, ce qui affecte la valeur écologique du bocage, néanmoins le bocage reste globalement dense, ce qui laisse penser qu’un équilibre reste possible entre nécessités économiques et maintien des haies.

 

Les Vallées de la Creuse et de l’Anglin

HVI_Creuse-tnEntre Saint-Gaultier et Tournon-Saint-Martin, la Creuse, rivière domaniale avec peu d'affluents, offre une ligne de rupture paysagère entre le nord et le sud du Parc. En amont du Blanc elle serpente dans une plaine alluviale bordée de coteaux boisés, tandis qu’en aval elle est bordée par des falaises calcaires. Sur les rebords des plateaux des prés maigres se sont développés sur calcaires ou « pelouses calcicoles ». Toujours dans le même texte, G. Sand souligne la beauté de ses paysages : «Ou bien s'il (le voyageur) gagne la Creuze vers le Pin, et qu'il descende avec elle jusqu'à Fontgombault, il traversera une petite Suisse ravissante; et il aura parcouru la plus belle partie du département et une des plus riantes contrées de la France.»

L’Anglin possède de nombreux petits affluents, surtout au sud, bordés de prairies humides et ponctuellement de tourbières.

Les abords de la Creuse et de Anglin-tnl’Anglin sont préservés dans l’ensemble, mais les paysages souffrent de l’abandon des pâtures et de la mise en culture des fonds de vallée, de l'enfrichement de certains secteurs abandonnés. Les ripisylves sont encore bien constituées mais parfois fragilisées, en particulier par le développement de la populiculture. Les coteaux ont été touchés par l’urbanisation. Il est assez difficile de bine percevoir les paysages des vallées. Très peu d’itinéraires longent les rivières. Avec la végétation, les routes qui parcourent les coteaux n’offrent que des vues très limitées, seuls les ponts ou les parcours en canoë permettent d’en apprécier les paysages.

Bienvenue dans le Parc naturel régional de la Brenne