Espèces exotiques envahissantes

L'écrevisse rouge de Louisiane en Brenne

Pour découvrir cette espèce et le danger qu'elle représente pour la biodiversité de la Brenne, il faut absolument visionner ci-dessous "La peste rouge" de Fabien Mazzoco, un documentaire incontournable réalisé pour le Parc.

Originaire du sud-est des États-Unis, l'écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii) est introduite en France en 1976 pour y être élevée. Échappés d'un de ces élevages, les premiers spécimens sont capturés en 1987 en Grande-Brière-Mottière (Loire-Atlantique).
Considérée aujourd'hui comme l'une des espèces envahissantes les plus préoccupantes, elle poursuit sa progression sur l'ensemble du pays : elle a été découverte en Brenne en juillet 2007.

erl1-tnCette écrevisse est de couleur rouge, parfois de couleur bleutée ou violacée. D'une durée de vie de 3 à 5 ans, elle mesure 6 à 14 cm (sans les pinces) à l’état adulte et peut peser jusqu'à près de 100 grammes. Ses pinces puissantes sont granuleuses et couvertes de taches rouges.
L'habitat naturel de l'Ecrevisse rouge de Louisiane est le marécage, mais elle s'adapte parfaitement dans tous les milieux aquatiques, même pauvres en oxygène (étangs, lacs, marais, rivières, ruisseaux...) et respire sans problème hors de l'eau.
Sur l'article précédant les pinces, l'Ecrevisse rouge de Louisiane possède un ou deux ergots caractéristiques.

L'élimination de cette espèce est pratiquement impossible : en plus d'une reproduction très efficace, elle est capable de résister à des conditions extrêmes (gel, fortes températures…).

Elle supporte des doses très importantes de polluants, mais est aussi porteuse saine de la peste des écrevisses dont elle favorise la transmission aux populations locales.

Ecrevisse_Terrier-tnDe même, elle est tout-à-fait capable de résister à de grandes sécheresses car elle creuse des terriers dans les berges.

Plus surprenant encore : son pouvoir colonisateur ! L'écrevisse de Louisiane est capable de survivre plusieurs jours  hors de l'eau et parcourir jusqu'à 4 kms en une seule journée !

 

 

Ecrevisse-femelle-graineeL'écrevisse de Louisiane se reproduit dès l'âge de 6 mois et deux fois par an. Elle porte en moyenne sous son abdomen 600 oeufs par ponte.

 

 

 

 

Aujourd'hui, elle poursuit sa progression sur l'ensemble du pays et ravage tout sur son passage. On dit que son mode de prédation est sélectif et successif, ce qui veut dire qu'elle épuise les ressources alimentaires les unes après les autres : elle mange de préférence les herbiers aquatiques, puis lorsqu'ils ont totalement disparu du milieu, elle s'attaque à une autre proie (mollusques, têtards de grenouilles, œufs et jeunes poissons, insectes, larves diverses...), et ainsi de suite.

Elle cause ainsi de profonds déséquilibres dans l'écosystème où elle apparaît : la végétation aquatique est une source alimentaire et un refuge pour de nombreuses espèces (poissons, canards, insectes, amphibiens...) et sa disparition les rend vulnérables et pénalise un peu plus l'activité piscicole .

De plus, les terriers que l'Ecrevisse rouge de Louisiane creuse dégradent la qualité de l'eau en la rendant trouble. Les berges sont fragilisées et finissent par s'affaisser...

A titre d'exemple, elle a colonisé en moins de 10 ans les 200 km2 de zones humides du Bassin Brivet (Loire-Atlantique) et fait disparaître du site :

  • 99% de la végétation aquatique
  • 71% des genres de macro-invertébrés (insectes, mollusques, ...)
  • 83% des espèces d'amphibiens
  • 52% du gibier d'eau (disparition de 75% des espèces de canards...)

 

 

 

Comment lutter contre l'Ecrevisse rouge de Louisiane en Brenne ?

Désormais présente en Brenne, il semble difficile d'éradiquer totalement l'Ecrevisse rouge de Louisiane.
Mais il est encore possible, et surtout nécessaire, de ralentir sa progression pour réduire son impact sur notre environnement.

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L'Etat considère l'écrevisse rouge de Louisiane comme une «espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques» (article R-232-3 du Code de l'Environnement). La législation interdit donc l'importation, le transport et la commercialisation à l'état vivant de cette écrevisse (arrêté du 21 juillet 1983 : délit passible de lourdes sanctions, peines d’emprisonnement et fortes amendes).
Bien que nécessaire, cette mesure reste insuffisante pour limiter la progression de l'écrevisse de Louisiane en France. Le Parc et ses partenaires (Réserve Naturelle Nationale de Chérine, Fédération de Pêche, Syndicat Intercommunal pour l'Assainissement et la Mise en Valeur de la Brenne...) s'attachent donc à :

 

  • coordonner la lutte
  • suivre la propagation de l'écrevisse de Louisiane
  • expérimenter des pièges et des appâts
  • informer le public des dangers qu'elle représente
  • contribuer localement à la recherche scientifique

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Ce que chacun peut faire ...

Le succès de cette lutte repose sur tous : propriétaires, pisciculteurs, habitants, chasseurs, promeneurs...
Chacun d'entre nous peut en effet agir, simplement et dès maintenant :

  • en n'introduisant jamais chez soi ou en milieu naturel des écrevisses récupérées lors d'une vidange d'étang
  • en n'utilisant pas d'écrevisses, même mortes, comme leurres pour la pêche
  • en piégeant les écrevisses par nasses et en les détruisant sur place (prêt de nasse possible par convention aux propriétaires d’étangs…)
  • en maintenant une population assez importante de poissons carnassiers

Contactez le Parc naturel régional de la Brenne à la découverte de tout individu ou au moindre doute la présence de cette espèce :

  • au 02 54 28 12 12
  • par courriel à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • au 07 86 00 05 79 (Brigade de lutte contre les EEE du Parc)

Une équipe de lutte contre les espèces exotiques envahissantes se tient à votre disposition pour tout renseignement ou soutien technique ainsi que pour recueillir vos informations et expériences à ce sujet.
N’hésitez pas à nous contacter !


Espèces exotiques envahissantes

Aujourd'hui, les espèces exotiques envahissantes (EEE) représentent la 2ème cause de perte de biodiversité dans le monde. Il est donc important de bien les connaître pour pouvoir les combattre.

Selon l'UICN (Union Mondiale pour la Nature), une espèce envahissante est une "espèce exotique dont l'introduction, l'installation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences environnementales et/ou économiques et/ou sanitaires négatives".

Le plus souvent, c'est l'homme qui est à l'origine de ses introductions, qu'elles soient volontaires (commerce, lutte biologique...) ou non (via les coques des bateaux...).

On estime qu'environ 1 espèce introduite sur 100 devient envahissante , c'est-à-dire qu'elle prolifère si bien dans son nouveau milieu qu'elle menace les espèces, les milieux naturels ou les écosystèmes locaux. Le plus souvent, les espèces qui deviennent invasives ont un fort taux de reproduction et elle ne retrouvent pas de concurrents, pas de maladie, ni de prédateurs assez efficaces dans leur nouvel environnement.

En Europe, les introductions d'espèces existent depuis plusieurs siècles, mais nous constatons avec l'augmentation des échanges mondiaux une accélération des arrivées ! Les espèces envahissantes ont donc progressivement colonisé le continent et la France n' est pas épargnée. Les milieux aquatiques et les zones humides étant particulièrement touchés par l'arrivée de ces espèces.

Deux exemples d'EEE communes :

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En provenance d'Amérique du Sud, le ragondin est élevé en France pour sa fourrure à partir de 1882.
À l'arrêt de cette activité, ces animaux se sont disséminés dans la nature et se sont fortement multipliés. Aujourd' hui, ils causent d'importants dégâts, notamment aux berges et aux chaussées d'étangs où ils creusent leurs terriers.

 

La renouée du Japon a été inroduitrenouee-tne volontairement en France en 1939 comme plante ornementale. Synonyme d'uniformisation du paysage, elle peut éliminer pratiquement toutes les autres espèces grâce à un rythme de croissance élevé et à un feuillage abondant privant de lumière les autres espèces herbacées et les jeunes plants d'arbres.

 

 

Quelques autres espèces présentes en Brenne et leurs dates d'arrivée en France :

  • 1786 : Ailante glutineux (Ailanthus altissima), Chine.
  • 1863 : Ambroisie à feuilles d' armoise (Ambrosia artemisiifolia), Amérique du Nord.
  • 1871 : Poisson Chat (Ictalarus sp.), Amérique du Nord.
  • 1877 : Perche soleil ou perche arc-en-ciel (Lepomis gibbosus), Amérique du Nord.
  • 1880 : Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum), Amérique du Sud.
  • 1896 : Buddleia ou Arbre aux papillons (Buddleja davidii), Chine.
  • 1911-1913 : Écrevisse américaine (Orconectes limosus), Côte est des États-Unis.
  • 1925 : Rat musqué (Ondatra zibethicus), Canada.
  • 1970: Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), États-Unis.

 

Croissance rapide, forte adaptabilité, grande capacité de reproduction, résistance extrême, etc. : parmi les espèces invasives présentes en Brenne, 2 sont clairement les plus redoutables actuellement :

l'écrevisse rouge de Louisiane

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la jussie

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D'autres espèces exotiques envahissantes sont aux portes du Parc. Il s'agit notamment de la grenouille taureau, d'une voracité hors du commun (par exemple, un grenouille adulte est capable d'avaler à elle seule une jeune poule d'eau !), et du frelon asiatique, une menace pour nos abeilles...

Guide des espèces exotiques envahissantes du Parc

Qu'appelle t'on espèce exotique envahissante ?

Une espèce exotique est une espèce qui vit hors de son écosystème d'origine. Par exemple, le ragondin originaire d'Amérique est considéré comme une espèce exotique en France, tout comme la salicaire d' Europe est étrangère et dévastatrice sur le continent américain.

Le plus souvent, c'est l'homme qui est à l'origine de ses introductions, qu'elles soient volontaires (commerce, lutte biologique...) ou non (via les coques des bateaux...).

On estime qu' environ une espèce introduite sur 100 devient envahissante (ou invasive), c' est-à-dire qu' elle prolifère si bien dans son nouveau milieu qu' elle menace les espèces, les milieux naturels ou les écosystèmes locaux. Le plus souvent, les espèces qui deviennent invasives ont un fort taux de reproduction et elle ne retrouvent pas de concurrents, ni de prédateurs assez efficaces dans leur nouvel environnement.

Selon l'UICN (Union Mondiale pour la Nature), une espèce envahissante est une "espèce exotique dont l' introduction, l' installation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences environnementales et/ou économiques et/ou sanitaires négatives".

 

En Europe, les introductions d' espèces existent depuis plusieurs

siècles. Les espèces envahissantes ont donc progressivement colonisé le continent et la France n' est pas épargnée. Les milieux aquatiques et les zones humides étant particulièrement touchés par l'arrivée de ces espèces, la Brenne est une des régions les plus concernées.

ragondinEn provenance d' Amérique du Sud, le ragondin (Myocastor coypus) est élevé en France pour sa fourrure à partir de 1882. À l'arrêt de cette activité, ces animaux se sont disséminés dans la nature et se sont fortement multipliés. Aujourd' hui, ils causent d'importants dégâts, notamment aux berges et aux chaussées d'étangs où ils creusent leurs terriers.

renouee La renouée du Japon (Fallopia japonica) a été inroduite volontairement en France en 1939 comme plante ornementale. Synonyme d'uniformisation du paysage, elle peut éliminer pratiquement toutes les autres espèces grâce à un rythme de croissance élevé et à un feuillage abondant privant de lumière les autres espèces herbacées et les jeunes plants d'arbres.

Voici quelques espèces présentes en Brenne et leurs dates d' arrivée en France :

1786 : Ailante glutineux (Ailanthus altissima), Chine.

1863 : Ambroisie à feuilles d' armoise (Ambrosia artemisiifolia), Amérique du Nord.

1871 : Poisson Chat (Ictalarus sp.), Amérique du Nord.

1877 : Perche soleil ou perche arc-en-ciel (Lepomis gibbosus), Amérique du Nord.

1880 : Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum), Amérique du Sud.

1896 : Buddleia ou Arbre aux papillons (Buddleja davidii), Chine.

1911-1913 : Écrevisse américaine (Orconectes limosus), Côte est des États-Unis.

1925 : Rat musqué (Ondatra zibethicus), Canada.

Années 1970: Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), États-Unis.

Croissance rapide, forte adaptabilité, grande capacité de reproduction, résistance extrême, etc. : parmi les espèces invasives présentes en Brenne, 2 sont clairement les plus redoutables actuellement :

D'autres espèces exotiques envahissantes, tout aussi inquiétantes, sont aux portes du Parc. Il s'agit notamment de la grenouille taureau, d'une voracité hors du commun (par exemple, elle est capable d'avaler à elle seule une jeune poule d'eau !), et du frelon asiatique, une menace pour nos abeilles.

La jussie

Originaires d'Amérique du Sud, la Jussie péploïde (Ludwigia peploides) et la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) ont été importées en France en tant que plantes ornementales au début du XIXème siècle.

Aujourd'hui loin des bassins d'agrément, on les retrouve dans de nombreux lacs et cours d'eau. Depuis 1989 en Brenne, la jussie a déjà colonisé plus d'une trentaine d'étangs.

jussie1-tnLes jussies possèdent des feuilles luisantes de couleur vert foncé et des tiges rouges plutôt velues. Leurs fleurs à 5 pétales apparaissent d'un jaune vif sur les étangs dès le mois de juillet.

Ces plantes aquatiques se développent dans des milieux stagnants (étangs, mares,...) ou à faible courant. Leur fort pouvoir d'adaptation permet de les rencontrer également dans d'autres zones humides telles que les prairies humides ou les fossés. Elles produisent des graines en automne qui germent au printemps, mais leur propagation se fait principalement par bouturage : 1 cm de tige ou de racine seulement peut leur permettre de se régénérer !

La jussie est ainsi capable de coloniser de manière efficace toutes les jussieetang4-tnsurfaces en eau disponibles. Un tapis végétal recouvre rapidement l'étang et étouffe les autres plantes. La pêche à la ligne, les déplacements en barque et même la chasse au gibier d'eau deviennent des activités très difficiles, voire impossibles, sur un plan d'eau couvert de jussies.

Aussi, dans un étang à vocation piscicole, la jussie fait rapidement chuter son rendement : moins de lumière, moins d'oxygène, moins de nourriture. Les poissons ne survivent pas...

Comment lutter contre la jussie ?

HVI_jussie-chantier-MRJC-tnEn Brenne, les étangs sont organisés en chaîne et la colonisation de la jussie d'étang à étang est facilitée lors des vidanges, notamment par sa capacité de bouturage à partir de tous les fragments de tige. De plus, la lutte contre la jussie s'avère très difficile au regard de la grande résistance qu'elle possède.

La lutte par produits chimiques est fortement déconseillée par l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, puisqu'elle détruit aussi les espèces "bénéfiques" pour l'étang. Le fauchage est aussi à proscrire : il fragmente les plantes et favorise leur dispersion.

L'arrachage, manuel ou mécanique, reste le moyen le plus efficace pour limiter la progression de la jussie. Cependant, il doit être effectué régulièrement et ne suffit pas à supprimer toute trace de cette plante. Le combat à mener doit s'organiser sur plusieurs années.

En Brenne, l'assec est une pratique traditionnelle qui pourrait ouvrir une voie prometteuse dans la lutte contre la jussie, moyennant quelques aménagements (durée, fréquence...). Il semblerait en effet que cette espèce résiste mal à une mise hors d'eau prolongée. L'assec pourrait être une opportunité qui conjugue lutte et respect de l'environnement.

Ce que chacun peut faire ...

Vous avez chez vous des jussies dans un bassin :

  • Ne les jetez pas dans la nature
  • Mettez-les dans un sac hermétique ou évacuez-les en déchetterie

Vous observez sur un étang l'apparition de jussie :

  • Ne la cueillez pas
  • Ne l'arrachez pas (l'arrachage doit être organisé dans des conditions particulières)
  • Ne mettez pas d'herbicide dans l'étang avant le diagnostic

 

Dans tous les cas , contactez :

  • le Syndicat pour l'assainissement et la mise en valeur de la Brenne (SIAMVB) au 02 54 38 16 44
  • le Parc naturel régional de la Brenne au 02 54 28 12 12

Un technicien conviendra avec vous d'une rencontre afin de vérifier la présence de la jussie et d'envisager ensemble la suite à donner.

Bienvenue dans le Parc naturel régional de la Brenne